Sapiteurs, test comportemenbt des vétérinaire...

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Sapiteurs, test comportemenbt des vétérinaire...

Message  Chanur Akita le Sam 17 Jan - 14:21

Ce texte date un peu, mais des points importants sont soulevés, a voir dans les mois a venir ce que cela va donné...

Projet de loi - Délation, les comportementalistes n'en veulent pas !



Communiqué du site Fédération Européenne des Comportementalistes
01/05/2008

Aujourd'hui, le chien est au centre des débats concernant les morsures
et principalement celles qui, par les conséquences graves qu'elles
engendrent aux personnes, font les titres les mieux placés dans la
presse et les médias.

Tous les regards se tournent donc vers le chien, celui qui a déjà
mordu, celui qui mord, celui qui pourrait mordre et c'est sous cet
angle qu'il est proposé aux Sénateurs et aux Députés d'examiner un
projet de loi visant, nous dit-on, « à renforcer les mesures de
prévention et de protection des personnes contre les chiens dangereux
».

On aurait pu attendre de nos instances politiques qu'elles se placent
dans une autre perspective de la situation que celle prises par les
médias. Se doter d'une analyse plus élargie pour mieux considérer le
problème des morsures tel qu'il est réellement aurait permis de cerner
et choisir judicieusement les mesures capables de construire une
véritable prévention telle qu'elle est attendue.

Se décentrer de l’idée du chien isolé de son groupe familial

Or, ce qui résulte aujourd'hui des lectures en séance publique au Sénat
et à l'Assemblée Nationale montre une même orientation prise dans les
textes que celle du sensationnel médiatique : la catégorisation du
chien, l'évaluation du chien, le contrôle du chien.

Tâche impossible semble-t-il pour nos élus que de se décentrer du chien
et de ses prétendus troubles pour arriver à faire l'examen du réel des
morsures. Car sont-ce les chiens qui sont dangereux, ou sont-ce les
situations qui sont dangereuses ?

Le principe de l'évaluation comportementale telle qu’elle est présentée
aujourd'hui établit que le vétérinaire occupe une position centrale.
Certes, il peut à son libre choix requérir l'avis d'un « sapiteur »,
c'est-à-dire toute personne dont il jugera les compétences utiles et
nécessaires pour forger ses conclusions, mais rien ne vient faire
précision en ce domaine.

Ceci manque véritablement de clarté pour le public et d'équité pour les
professionnels. En effet, tel propriétaire de chien se verra convoqué
dans le cabinet vétérinaire uniquement pour l'établissement de la
grille d'évaluation du chien mais tel autre propriétaire se verra en
plus dirigé vers un ou plusieurs « sapiteurs » qui étayeront le dossier
de leurs observations/recommandations.

Ceci signifie que l'évaluation comportementale pourrait bien ne pas
être de la même teneur (ni du même coût) pour tous, ni avoir les mêmes
conséquences pour les chiens et leurs propriétaires.

Si un comportement est une réponse de l'organisme (le chien) à
l'environnement (le contexte), il est quand même étonnant de vouloir
instaurer des mesures visant à évaluer (prédire) ces réponses en
s'exonérant de l'étude minutieuse du contexte de vie. Car, et c'est une
constante pour les accidents qui ont été médiatisés comme pour tous les
autres, les morsures surgissent principalement dans le milieu familial.

Et l'on peut observer la même difficulté à se décentrer du chien : il
faut chercher à prédire ce que ce dernier pourrait produire comme
comportement ! Une mission bien improbable pour tout professionnel
ayant une formation en éthologie (une science, qui a donc le souci de
la précision et écarte les données incomplètes).

Peut-on encore dignement rester dans un tel déni quand tous les
accidents, graves ou moins graves, qui surviennent de manière souvent
inattendue (donc non-prédictive, imprévisible) nous rappellent que
n'importe quel chien peut déployer une conduite agressive.

Le chien adapte son comportement en réponse/réaction directe ou
indirecte à ce qu'il vit, et en fonction de ce qu'il a vécu, puisque
façonné par toutes les confrontations et expériences avec
l'environnement depuis son plus jeune âge.

La qualité des conditions d'élevage est le socle indispensable aux
bonnes capacités d'adaptation du chien. Sa stabilité émotionnelle en
sera plus ou moins forte ou réduite.

Cet équilibre dont le niveau et la constance se voient entretenus par
les situations de cohabitation (et tout l'imprévisible permanent qui
les caractérisent), montrent à quel point la présence de deux systèmes
d'organisation sociale (humaine et canine) peut devenir anxiogène pour
tous : l'animal qui ne comprend pas systématiquement ce que l’on attend
de lui et l’humain qui oublie (ou ignore) de considérer son chien comme
différent de lui dans ses attitudes et dans ses mœurs.

Nous sommes bien loin du chien seul qui serait à évaluer hors étude
précise des conditions de la cohabitation au quotidien et de
l'influence qu'elles exercent sur l'émotivité et la réactivité
individuelle du chien...

Ceux qui paraissent les plus dociles, voire les mieux éduqués, ne se
soustraient pas plus aux circonstances ou aux déclencheurs possibles
d'une morsure, et c'est ce qui justement les rend surprenants pour
l'entourage.

Un acteur unique pour l'évaluation ?

Alors que si l'on venait à prendre le recul nécessaire, il deviendrait
évident à tous que « l'évaluation comportementale » devrait laisser sa
place à une « évaluation du risque ». Ce nouvel angle pris nous
permettrait de voir que l'évaluation seule du praticien vétérinaire ne
suffit pas à mesurer le risque. L'organisation de la cohabitation au
quotidien avec le chien, et son bon contrôle dans de bonnes conditions
ne peuvent pas manquer de figurer au tableau de l'évaluation, et de
fait, de la prévention.

Mais dans les textes actuels, aucun autre professionnel que le
vétérinaire n'est imposé, ce qui laisse à penser que l'étude minutieuse
de la relation et la cohabitation avec le chien (activité spécialisée
du comportementaliste), comme également le bon contrôle en extérieur,
la bonne familiarisation aux humains et la bonne socialisation aux
congénères (activité spécialisée de l'éducateur canin) ne seront mises
en œuvre qu'au hasard de la sensibilité des praticiens.

A noter, et ce n'est en rien anodin, que la deuxième lecture faite au
Sénat fin Mars 2008, impose à n'importe quel professionnel qui a
connaissance d'une morsure (dont ceux cités plus haut qui, malgré leurs
compétences respectives, ne sont pas impliqués de manière précise dans
le processus dit de « l'évaluation comportementale »), d'en faire la
dénonciation auprès des autorités.

Ainsi, seul un vétérinaire choisi sur la liste départementale se chargera de l’évaluation comportementale.

La délation ? Pas question !

Comment vont donc opérer les professionnels comme l'éducateur canin, ou
le comportementaliste qui sont habituellement appelés en cas de
difficultés avec le chien ? Vont-ils, dès qu'ils apprennent qu'une
conduite agressive a eu lieu, même de faible intensité avec seulement
des atteintes superficielles, se déclencher en délation et ainsi
conduire les personnes (qui avaient fait le choix de se tourner vers
leur approche) chez un autre professionnel, acteur unique de «
l'évaluation comportementale » ?

Les comportementalistes sont contre cette mesure, et s'opposent à ce
que des personnes qui ont le libre choix de faire appel à un
professionnel se retiennent de le faire sous la crainte d'une
dénonciation... Voilà comment l'effet de mesures préventives se verrait
alors parfaitement détourné de l'objectif de réduire les risques.

Le fondamental de l'activité de comportementaliste repose sur l'étude
des relations et de la cohabitation entre l'humain et le chien et sur
les multiples influences (relationnelles et environnementales) qui
peuvent mener à des comportements dérangeants, voire risqués ou
annonciateurs d'un danger ultérieur. Une réorganisation du contexte de
vie ne peut se faire qu'avec la participation en toute conscience, et
en toute confiance dans l'approche de ce professionnel qui d'ailleurs a
été choisi pour cela.

En se soumettant à la volonté de signalement de toute morsure d'un
chien, comme elle est proposée actuellement, le comportementaliste
ruinerait le cadre rassurant de son travail (qui invite justement les
propriétaires à ne pas dissimuler ou retenir des informations) et
perdrait ainsi les lettres de noblesse qu'il a acquises depuis de
longues années auprès du public : écoute, analyse, empathie, aide,
guidance.

Ce n'est pas acceptable, pour ces professionnels qui non seulement se
verraient obligés de rediriger leurs activités vers un autre
professionnel, mais se verraient également obligés de trahir leur
vocation et leur déontologie.

En se décentrant du chien seul et en impliquant judicieusement tous les
professionnels qui ont un rôle à tenir , dans les compétences qui sont
les leurs en matière de gestion/cohabitation, on pourrait pourtant
envisager un peu plus sérieusement la question des morsures, de leur
recensement et de leur prévention.

Les comportementalistes attirent donc l'attention du législateur afin
que les décrets d'application veillent à organiser l'indispensable
équilibre de la mise en relation des différentes approches autour de
l'évaluation des risques, du traitement de l'information
(statistiques), de la prévention et de l'aide à apporter aux
propriétaires de chiens. Et ce, en ne se centrant pas sur le seul
vétérinaire, mais également en définissant avec plus d'évidence les «
sapiteurs », le sens de leur engagement et leur nécessaire implication
dans le processus d'évaluation.



Michel Quertainmont Danièle Mirat Laurence Bruder-Sergent



Ce texte est diffusé au nom de

la Fédération Européenne des Comportementalistes

et au nom de
l'association de comportementalistes professionnels C.A.D.
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